Danser au siècle de Berlioz
Colloque international
Organisé par Cécile Reynaud (Saprat/EPHE – PSL) et Gisèle Séginger (LISAA / Université Gustave Eiffel), ce colloque international étudie l’évolution et les représentations de la danse au XIXe siècle. Sa place dans l’œuvre de Berlioz bien sûr, musicale ou littéraire, mais aussi les représentations de cet art dans la littérature et la critique contemporaines du musicien.
Informations pratiques :
Les jeudi 27 et vendredi 28 août 2026, de 9h30 à 16h30
Musée Hector Berlioz, 68 rue de la République, 38260 La Côte-Saint-André
Différents genres de danse s’épanouissent tout au long du XIXe siècle, collectives ou individuelles, liées au spectacle ou à ce qu’on appelle « danse de société » : la plus spectaculaire est sans doute le ballet, qu’il s’agisse d’un spectacle autonome, ou des divertissements chorégraphiques liés à l’opéra. Les techniques de la danse évoluent selon qu’il s’agit de danseurs professionnels des corps de ballet ou de danseurs plus amateurs des bals et danses de société. La danse et le ballet sont aussi l’objet de nombreuses représentations, littéraires et picturales, et font également l’objet de critiques dans les journaux et revues de l’époque. La danse occupe même Gautier tout au long de sa vie. L’œuvre de Berlioz, compositeur, chef d’orchestre et critique musical, croise à de nombreuses reprises l’art de la danse et du ballet. Des scènes de bal (Symphonie fantastique, Roméo et Juliette) et de danse parsèment ses œuvres (« Ballet des Sylphes », « Menuet des follets » dans La Damnation de Faust, Ballet des ombres, etc.). Le ballet d’opéra l’occupa également : en vue des représentations du Freischütz à l’Académie royale de musique il orchestra l’Invitation à la Valse de Weber pour en faire une musique de ballet. Et bien sûr il écrivit la musique des trois ballets des Troyens à Carthage. Son œuvre de critique aborde la place des ballets dans l’opéra, même si l’art de la danse retient moins son attention que la partie musicale des opéras. La littérature elle-même a fait une large place à la danse, qu’il s’agisse des bals mondains, des bals de l’Opéra, des bals parisiens (comme le célèbre Bal Mabille) ou des bals de barrière et de guinguette. De Balzac à Zola, le bal a fourni au roman quelques-unes de ses scènes les plus célèbres. La danse est présente dans ce nouveau genre théâtral qu’était la féérie, dans les récits de voyage en Orient ou les œuvres inspirées par l’Orient – du Roman de la momie de Gautier à la Salomé d’Oscar Wilde – qui évoquaient volontiers des danses raffinées et envoûtantes. Plus insolites, dans ce siècle qui est aussi celui de la science, des danses macabres aussi bien dans l’opéra que dans la littérature gardent encore un lien avec des croyances médiévales. Ce colloque aborde l’évolution et les représentations de la danse tout au long du XIXe siècle. Sa place dans l’œuvre de Berlioz bien sûr, musicale ou littéraire, mais aussi les représentations de cet art dans la littérature et la critique contemporaines du musicien.
PROGRAMME
Jeudi 27 août 2026
De 9h30 à 12h30
Peter Bloom, professeur émérite de lettres et de musique et musicologie à l’université de Smith College (Massachusetts),
Autour de L’Invitation à la valse
Asel Akbanova, doctorante en musicologie à l’École Pratique des Hautes Études-PSL, sous la direction de Cécile Reynaud,
La danse comme genre instrumental dans la musique française au temps de Berlioz
Sylvie Jacq Mioche, historienne du ballet, professeur agrégé de Lettres, docteur en Esthétique, professeur d’Histoire de la danse à l’École de danse de l’Opéra national de Paris de 2005 à 2026
Le paysage chorégraphique parisien des années 1820
Jean-Marie Bruson, Conservateur général honoraire des musées de la Ville de Paris,
Danse de société au XIXe siècle
De 14h à 16h30
Samantha Caretti, professeure agrégée et docteure en littérature française, spécialiste de la littérature sous la Restauration, membre associé du centre de recherche LASLA (université de Caen-Normandie),
On chantait, on dansait, on jouait, on disait des vers : la place de la danse dans les salons de l’époque romantique
Cécile Reynaud, directrice d’études à l’École pratique des hautes Études. Spécialiste de la musique européenne du XIXe siècle,
La musique et « sa bondissante sœur » : écrits berlioziens sur la danse
Anne Geisler, maître de conférences à l’université d’Évry et spécialiste du romantisme.
Gautier librettiste
Vendredi 28 août 2026
De 9h30 à 12h30
Céline Duverne, chargée de recherches FNRS / post-doctorat à l’Université libre de Bruxelles,
Chorégraphier le theatrum mundi : fonctions sociales et narratives de la danse dans La Comédie humaine de Balzac
Hélène Marquié, professeure à l’Université Paris 8, membre du laboratoire « Scènes du monde, création, savoirs critiques »
La Révolte des Femmes ou La Révolte au sérail : un « ballet romantique » atypique
Anastasiia Syreishchikova-Horn, Maître de conférences en musicologie à l’Université de Lorraine
Quand l’ennemi danse : Mikhaïl Glinka et la fondation de l’esthétique du personnage antagoniste dans l’opéra russe
Bénédicte Jarrasse, agrégée de lettres modernes et docteur en littérature comparée – département de médiation culturelle de l’université Paris-Sorbonne Nouvelle
La fête impériale par le texte et par l’image : ballets et divertissements chorégraphiques dans la presse illustrée du Second Empire
De 14h à 16h30
Jean-Marc Hovasse, directeur de recherches au CNRS, détaché à la Sorbonne, est spécialiste de Victor Hugo et de la littérature du XIXe siècle.
Danses, bals et sabbats dans l’œuvre de Victor Hugo. Autour de La Symphonie fantastique
Gisèle Séginger, professeur à l’université Gustave Eiffel et membre honoraire de l’Institut universitaire de France,
Flaubert et la vogue des danses orientales
Alain Pagès, professeur émérite de l’Université de la Sorbonne nouvelle et responsable du Centre Zola de l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes
Fêtes naturalistes